QU'EST-CE QUE T'AIMES AU QUAI M ?
Septembre 2026.
Quand on y réfléchit, le Quai M c’est un équilibre. Une harmonie. Un accord entre un lieu, une proposition musicale, culturelle et un public. C’est ce dernier que nous avons décidé, ici, de mettre en avant. Tous les mois, on discute avec l’un ou l’une d’entre vous. Habitué fidèle ou spectateur occasionnel. Et on se pose une question très simple. Qu’est-ce que t’aimes au Quai M ?
Arnaud, c’est le père. Nicolas, le fils. Âgés respectivement de 53 et 24 ans, ils quittent, pour raisons professionnelles et personnelles, la Seine-et-Marne et débarquent en Vendée, à La Roche-sur-Yon, après le Covid. Ils posent leurs valises juste à côté du Quai M. Cette drôle de « boite » les intrigue. Férus de musique tous les deux, ils profitent d’une visite dédiée aux nouveaux arrivants pour découvrir les lieux. Nicolas est le premier à s’intéresser à la programmation de la salle. Le 8 décembre 2022, il est au premier rang pour voir Emma Peters. Suivront - à l’heure où nous écrivons ces lignes - 53 autres concerts. Au-delà de l’amour de la musique qui les rassemble, venir au Quai M est un rituel entre un père et son fils.
Adèle Fugère (AF) : Venir aussi souvent au Quai M, c’est qu’il se passe quelque chose entre vous et cette salle…
Arnaud Grenier (AG) : On peut dire ça, oui. Il existait une salle de concerts en Seine-et-Marne pas très loin de chez nous. Mais on n’y est jamais allés. Pour nous, c’était juste un bâtiment. Quand on est arrivés à La Roche-sur-Yon, on a tout de suite senti que ça bougeait niveau musique. Sans doute parce que le Quai M venait d’ouvrir.
Nicolas Grenier (NG) : On a découvert l’offre culturelle du secteur une fois installés sur place. On ne s’attendait pas du tout à cela. Ça a été une excellente surprise.
AF : Vous ne l’aviez pas en Ile-de-France ?
AG : Si. Mais on était habitués à faire des grosses salles genre Zénith ou Stade de France. Rien à voir avec ce qu’il y a ici.
AF : La première fois que vous avez mis les pieds au Quai M, qu’en avez-vous pensé ?
AG : Qu’elle était à taille humaine…
NG : Oui. On est très proches physiquement des artistes, qu’on soit devant la scène ou tout au fond. Et c’est assez agréable de pouvoir détailler ce qu’il y a sur le plateau : les instruments, les attitudes, les connivences entre le·la chanteur·euse et les musicien·ne·s. ll y a une sorte de feeling qui s’installe à chaque concert entre ce qu’il se passe sur la scène et ce qu’il se passe dans la salle.
AG : Et puis le son !
AF : Alors justement, parlons-en du son.
AG : Il est très bon dans la salle Delta et dans le Club. Je ne dis pas cela par flagorneries. Je suis sincère. Je suis musicien. Clarinettiste. J’ai fait le Conservatoire. Je suis très pointilleux sur la question. Pour être très honnête avec vous, ça me plait moins quelque fois. Mais ce n’est pas lié à l’acoustique de la salle. Ça vient de l’ingénieur qui est aux manettes.
AF : Depuis que vous êtes arrivés à La Roche-sur-Yon, avez-vous vu des concerts ailleurs qu’au Quai M ?
AG : Non. Parce qu’il y a tout ce qu’il faut ici. Le Quai M, c’est un peu comme écouter de la musique à la maison. C’est chez nous. C’est feutré. Je ne vois pas pourquoi on irait voir ailleurs. Et puis c’est à côté. Tellement à côté qu’on est toujours les premiers dans la file d’attente. Elodie commence à bien nous connaître (rires) !
AF : À vous entendre, le Quai M n’a pas de défauts…
AG : J’entends des couacs parfois sur scène (rires).
AF : Nicolas, vous pourriez profiter d’un concert sans votre père. Pourquoi y allez-vous ensemble ?
NG : Ça m’arrive d’y aller sans lui quand il est en déplacement. Mais c’est vrai que c’est assez rare. On a toujours aimé les loisirs ensemble. Allez au Quai M tous les deux, c’est une habitude. Un rituel alimenté par le fait qu’on est, tous les deux, accrocs à la musique. C’est notre moment à nous.
AG : D’ailleurs on est prescripteur l’un de l’autre. Grâce au Quai M, Nicolas m’a fait découvrir des métalleux. Moi, de mon côté, je lui donne des conseils sur la Soul. Et puis, on aime la nouveauté tous les deux. Et pour ça, le Club est parfait.
AF : Comment construisez-vous votre programmation ?
NG : On regarde sur le site Internet…
AG : On profite aussi de la présentation de la programmation au public. À cette occasion, Benoît Bénazet, le directeur, donne pas mal d’infos sur les artistes à venir. Il nous donne des « tips ». Il nous dit « si vous aimez cet artiste, vous aimerez celui-ci ». Ça permet de se faire une première idée…
NG : Ensuite à la maison, on écoute sur les plateformes comme Spotify. Et si ça nous plait, on prend les places. C’est grâce au Quai M que j’ai commencé ma collection de vinyles. Je les achète soit après les concerts, soit au magasin Comme à la Radio dans le centre de La Roche-sur-Yon.
AF : Y a-t-il un artiste ou un style musical que vous aimeriez voir au Quai M ?
AG : Perso, j’aimerais plus de Soul. Et un peu de Country. On aime ça. Mais on comprend aussi qu’il en faut pour tous les goûts. Je suis conscient que ce n’est pas simple de construire une programmation.
NG : Il faudrait mettre en place un sondage ou une boite à idées. Le Quai M pourrait savoir, ainsi, ce qu’aime le public.
AF : Dernière question. Si vous deviez résumer, en quelques mots, votre expérience au Quai M, quels seraient-ils ?
NG : Pour moi c’est « liberté » et « énergie ». Celles que nous transmettent les artistes.
AG : De mon côté, c’est « découverte », « plaisir » et « cocon ».